Yaka présentation :

Le début : une petite annonce, une visite et l’adoption.
Fais de ta vie un rêve, et d’un rêve, une réalité.

Une histoire qui avait mal commencé :

Dans sa première vie, il s’appelait Lotus et naviguait pour une société de location. Avec ses quatre cabines et ses quatre salles d’eau, il était parfaitement adapté à cette activité.
Mais le destin ne lui a pas fait de cadeaux.
La société a été liquidée et notre pauvre Lotus s’est retrouvé abandonné à quai, pillé, squatté… Bref, une retraite anticipée qui ne faisait rêver personne !
Un propriétaire l’a ensuite partiellement remis en état pour le revendre.

C’est ainsi qu’en novembre 2013, nos chemins se sont croisés.
Une annonce, une visite, un coup de cœur… et nous l’adoptons !


Il aura encore fallu plusieurs allers-retours entre la métropole et la Martinique, pendant des vacances toujours beaucoup trop courtes, avant de pouvoir enfin nous installer à bord.

Et un jour de novembre 2015, nous lâchons tout pour vivre à l’année sur Yaka :

Cette fois, plus question de repartir travailler en attendant les prochaines vacances.
Notre nouvelle vie pouvait commencer.

Notre départ pour YAKA en novembre 2013

Après des mois de « on va partir », le jour J est arrivé comme un coup de tonnerre. Certains préparatifs avaient été anticipés, d’autres improvisés à la dernière minute. Le calcul du poids des bagages, par exemple, fut une vraie aventure de dernière minute : confirmation des limites de poids… dans les dernières 24 heures !
En réalité, il y avait mille choses à faire, à finir, à prévoir… et soudain : « M…, c’est l’heure de partir ! »
On charge la voiture de location, cinq heures d’autoroute plus tard, nous voilà à Chilly-Mazarin pour passer la nuit avant le départ d’Orly Sud le lendemain. Un kebab en ville, une douche, un dodo… et le lendemain matin, direction Orly. Les bouchons nous ont un peu angoissés (les transports en commun étaient coupés), mais rien n’aurait préparé notre esprit à ce qui allait suivre.

Les « au revoir » à la famille furent d’une violence incroyable, rapides mais nécessaires. Et là, la réalité nous saute à la figure : le retour n’est pas prévu, et la prochaine fois qu’on se reverra, ce sera dans… un an.

L’aventure de la dépose des bagages et de la restitution de la voiture s’est, heureusement, déroulée sans encombre. Namour, avec nos 150 kg de bagages et les deux chariots, a géré le trajet parking / comptoir d’enregistrement comme un chef, pendant que je retournais à Orly Ouest pour rendre la voiture et revenir… en mode piéton (évidemment, la passerelle était fermée pour travaux !).

Mais l’enregistrement des bagages fut une vraie saga :

« Monsieur, votre bagage cabine est trop lourd. »
« Pour Madame, tout va bien, 12 kg comme il se doit. »
« Oui, mais votre sacoche d’ordinateur compte dedans… »
« … »
« Par contre, il vous reste 2 kg que vous pouvez ajouter dans ce bagage. »
« Donc je peux mettre mon ordinateur dedans ? »
« Oui, mais pas ici au comptoir, il ne faut pas ouvrir les bagages, nous sommes en plan rouge… »
Nous nous éloignons donc du comptoir, faisons la manipulation, et revenons :
« Bien, c’est parfait. Si vous voulez, votre bagage cabine peut être mis en soute. »
« Volontiers, merci. »
« Par contre, si vous avez des objets de valeur comme un ordinateur, il vaut mieux les garder avec vous en cabine. »

« !!!! »

Bref, décollage, vol, et atterrissage sans problème.
Armelle est bien là avec la voiture, et, avec l’aide de Jeff, elle a même trouvé Alain et son annexe, assez grande pour faire un seul voyage jusqu’à Yaka au mouillage.
Alain, si tu lis ces lignes : merci encore ! Nous ne nous sommes jamais revus depuis, mais bienvenue à bord de Yaka un de ces quatre, autour d’un ti-punch.
Ça y est, nous voilà à bord de Yaka, seuls. La nuit est déjà tombée, il est 19 heures… et nous découvrons le blackout total.
En effet, Yaka a subi le coup d’un foudroyant champ magnétique, tombé sur Tianos, un catamaran voisin au mouillage.
Résultat : plus de batteries, plus d’électronique de navigation, plus de LED et éclairages de nav, explosés. Plus d’eau, plus de frigos…
La prise de conscience commence à monter : c’est là, sur Yaka, que nous allons vivre vraiment.

« Vivre est la chose la plus rare dans ce monde.
La plupart des gens ne font qu’exister.
»

Oscar Wilde

Vivre au rythme des vagues :


Facile à dire, parfois un peu moins à faire ! Mais avec de la volonté, beaucoup de travail et une bonne dose d’obstination, les rêves peuvent devenir réalité.

Ici, pas de télé, pas de radio, pas de journaux… juste la vie loin de la sinistrose de la métropole. Le seul stress ? La météo parfois capricieuse des Caraïbes.
Le premier « travail » du matin ? Reporter au lendemain ce qu’on n’a pas envie de faire aujourd’hui !
Une vie où l’on vit au rythme du soleil et de la mer : chaleur, baignades et plongées.
Une vie de rencontres, souvent magnifiques, où le statut social n’a pas d’importance.

Pourquoi YAKA ?

Son premier nom, Lotus, ne nous correspondait pas vraiment.
Nous cherchions quelque chose qui résume notre façon de voir les choses : ne pas se laisser arrêter par les difficultés, chercher des solutions et avancer.
Chez nous, en Savoie, on connaît bien l’expression : « Y a qu’à ! »
Facile à dire, parfois un peu moins à faire ! Mais avec de la volonté, beaucoup de travail et une bonne dose d’obstination, les rêves peuvent devenir réalité.

Eh bien voilà : YAKA !

Un nom court, facile à retenir et plutôt pratique à épeler à la radio avec l’alphabet international : « Yankee – Alfa – Kilo – Alfa. »
Et puis, sur un bateau, quand quelque chose tombe en panne, il vaut mieux avoir un peu de cette philosophie !

Faisons le tour du propriétaire

YAKA est un catamaran en polyester de 12,37 mètres de long pour 7,09 mètres de large, avec un tirant d’eau de seulement 1,20 mètre.
Deux coques, un grand espace de vie central et, à l’avant, ce fameux trampoline qui fait rêver tous ceux qui découvrent un catamaran.
Pour nous, c’est un endroit magique.
En navigation, on s’y installe pour observer les dauphins qui viennent jouer devant les étraves. À l’escale, les pointes avant se transforment en plongeoirs.
Et le soir…
Un matelas, un oreiller, une petite couverture, et nous voilà allongés sous les étoiles à attendre les étoiles filantes.
Combien de fois nous sommes-nous endormis là, bercés par le clapotis de l’eau, avant que l’humidité de la nuit ou du petit matin ne nous rappelle qu’un vrai lit nous attendait à l’intérieur ?
Des moments simples, mais qui valent tous les palaces du monde.

Quatre cabines, quatre salles d’eau… pour deux !

À l’origine, YAKA était aménagé pour la location avec quatre cabines et quatre salles d’eau.
Les pointes avant accueillaient même une couchette pour le skipper d’un côté et des toilettes de l’autre.
Nous avons supprimé ces aménagements pour créer des espaces de rangement : voiles, cannes à pêche et tout ce qu’il faut emporter pour vivre longtemps en autonomie.
Car sur un bateau, chaque centimètre compte !
Les cabines situées dans les deux coques offrent tout le confort nécessaire pour passer de bonnes nuits.
Enfin, sauf quand une pompe décide de se manifester ou qu’un équipement réclame une petite intervention nocturne…

Deux moteurs et quelques séances de gymnastique

YAKA possède deux moteurs Yanmar de 38 chevaux, un dans chaque coque.
Ils sont installés sous les couchettes des cabines arrière.
C’est plutôt une bonne chose pour les protéger de la corrosion, mais nettement moins agréable lorsqu’il faut intervenir dessus.
Pour certaines opérations d’entretien, mieux vaut être souple, patient et ne pas avoir mangé trop copieusement !
Heureusement, notre MacGyver de service trouve généralement une solution.

Le cockpit : notre salon avec vue sur mer :

S’il y a un endroit où nous passons énormément de temps, c’est bien le cockpit extérieur.
Grand, convivial, équipé d’une table, de banquettes et de nombreux rangements, il est devenu notre véritable pièce à vivre.
Nous avons fait réaliser des coussins confortables pour profiter pleinement de cet espace.
Et quelle vue !
Notre piscine, quel luxe, est autour de notre maison, son eau est généralement turquoise et le paysage change à chaque mouillage.
Difficile de demander mieux.
Le bimini, à l’origine en toile puis bricolé en PVC par l’ancien propriétaire, a été transformé en véritable toit rigide après quelques travaux maison.
Il nous protège du soleil et permet également d’accéder au lazy bag, le sac qui accueille la grand-voile.
Des protections supplémentaires nous abritent du soleil et des averses tropicales.
Le poste de barre, installé sur le côté, dispose d’une grande banquette où nous pouvons nous asseoir tous les deux. Nous y passons de longues heures en navigation, bien protégés et avec une vue magnifique.

À l’intérieur, tout le confort d’une maison :

Le carré est lumineux grâce à ses larges vitrages donnant sur le cockpit et la mer.
Une table, des banquettes confortables, une cuisine bien équipée et une table à cartes composent cet espace central.
Tout est de plain-pied, ce qui est particulièrement agréable.
Et contrairement à un monocoque, YAKA navigue relativement à plat. On apprécie sa stabilité, notamment au mouillage, même si cela ne signifie pas qu’il ne bouge jamais !
Nous avons même installé une véritable machine à laver domestique à la place de l’un des quatre WC.
Quatre toilettes pour deux personnes, c’était tout de même un peu excessif !
L’installation a demandé quelques contorsions et le démontage de portes, mais sans transformation irréversible.
Un confort que nous apprécions particulièrement lorsque nous restons longtemps loin des marinas.

L’eau et l’électricité : notre autonomie :

Pour vivre à bord sans dépendre des ports, il faut produire et gérer ses ressources.
YAKA dispose de deux réservoirs d’eau de 400 litres, soit 800 litres au total.
Un dessalinisateur installé sous la couchette avant tribord transforme l’eau de mer en eau douce, avec une production annoncée de 90 litres par heure.
Fini les corvées de bouteilles d’eau à transporter et à stocker !
Pour l’électricité, nous avons installé quatre panneaux solaires de 185 W, soit 740 W au total.
Ils peuvent être orientés vers le soleil afin d’optimiser leur production. L’énergie est ensuite stockée dans les batteries.
Bien entendu, tout cela demande de la surveillance et parfois quelques interventions en mode MacGyver.
Mais cette autonomie est précieuse : elle nous permet de rester au mouillage aussi longtemps que nous le souhaitons, sans devoir rejoindre un port pour refaire les pleins.

Et le carburant ?

Les deux moteurs disposent chacun d’un réservoir de 100 litres, soit 200 litres au total.
Lors de certaines navigations, nous prévoyons des bidons supplémentaires.
Car même si YAKA est un voilier, généralement les manœuvres de mouillage se font au moteur.

Yakounette, notre voiture de service :

Lorsque YAKA est au mouillage, notre moyen de transport s’appelle : Yakounette.
C’est notre annexe, équipée d’un moteur Yamaha.
Elle nous permet de rejoindre la terre, faire les courses, découvrir les environs, aller pêcher ou simplement rendre visite aux voisins.
Nous utilisons très rarement les pontons. Nous préférons de loin les mouillages, plus libres et souvent bien plus agréables.
À l’arrière de YAKA, une douchette permet de se rincer après la baignade, tandis qu’une échelle sur la coque bâbord facilite l’accès à la piscine !

La vie au mouillage :

Lorsque nous ne naviguons pas, YAKA repose généralement sur son ancre.
Nous disposons de 70 mètres de chaîne.
Dans les mouillages de trois à cinq mètres de profondeur, nous en utilisons souvent entre 30 et 40 mètres, selon les conditions.
Lors des cyclones de 2017, nous avions même déployé la totalité de la chaîne dans quatre mètres d’eau pour renforcer notre sécurité.
Un guindeau électrique nous évite heureusement de tout remonter à la force des bras.
Parce que 70 mètres de chaîne, c’est très bien… tant qu’il ne faut pas les remonter à la main !

La pêche, les baignades et les petits plaisirs :

À bord, il y a des rituels.
Dès que nous partons naviguer, Namour installe les cannes à pêche à l’arrière.
On ne sait jamais !
Il nous est arrivé de voir les deux lignes partir en même temps : une dorade sur l’une, un petit thon sur l’autre.
Dans ces moments-là, chacun connaît son rôle. Je prends la barre et ralentis YAKA pendant que Namour s’occupe des lignes.
Et croyez-nous, une dorade qui décide de ne pas se laisser faire, c’est du sport !
Le poisson finit parfois directement sur notre barbecue au charbon de bois, installé à l’extérieur.
Nous aimons également fumer certaines prises avec du bois adapté. Un vrai régal.
Pour conserver les fruits et légumes, nous avons aménagé des rangements suspendus sous le bimini, à l’abri des chocs.
Le reste du temps ?
Nous nageons, plongeons, marchons, visitons les îles, découvrons de nouveaux endroits et rencontrons des gens.
Nous lisons beaucoup, échangeons des livres dans les marinas et profitons de nos liseuses, de nos films et de notre musique.
Le reggae accompagne souvent nos journées grâce aux haut-parleurs intérieurs et extérieurs.
Et surtout, nous respectons un rendez-vous absolument indispensable sous ces latitudes : la sieste !

Naviguer, c’est aussi une affaire d’équipement :

Même si nous recherchons une vie simple, nous ne négligeons pas la sécurité.
YAKA dispose d’un pilote automatique, un équipier particulièrement précieux lors des longues traversées.
Il peut maintenir un cap ou suivre un angle défini par rapport au vent.
Nous disposons également d’équipements électroniques de navigation, dont un système AIS permettant l’identification du bateau.
Son numéro MMSI est le 347002620.
Nous avons aussi embarqué une radiobalise de détresse utilisant le système satellitaire COSPAS-SARSAT, destinée à transmettre notre position en cas de situation grave.
La mer est magnifique, mais elle mérite toujours le respect.

Un bateau, c’est aussi beaucoup de bricolage !

Il ne faut pas croire que vivre sur un bateau consiste uniquement à se baigner, prendre l’apéritif et admirer les couchers de soleil.
L’air marin, l’humidité et le sel mettent le matériel à rude épreuve.
Il y a toujours quelque chose à vérifier, nettoyer, démonter, réparer ou améliorer.
Et parfois, ce qu’on avait réparé quelques semaines auparavant demande déjà une nouvelle visite !
Mais nous aimons aussi cette vie-là.
Trouver une solution, comprendre un mécanisme, adapter un équipement… tout cela fait partie de l’aventure.
Avec YAKA, nous avons appris qu’il fallait être à la fois marin, mécanicien, électricien, plombier et parfois inventeur.
Heureusement, nous avons choisi un bateau dont le nom nous rappelle chaque jour notre devise :  » YAKA ! « 

La vraie vie, c’est celle qu’on choisit :

Nous avons découvert avec YAKA une autre manière de vivre.
Moins de contraintes, moins de superflu, davantage de temps pour nous, pour les autres et pour les découvertes.
Bien sûr, tout n’est pas toujours rose. Il y a les pannes, les mauvaises surprises, les coups de vent et les moments de doute.
Mais il y a surtout les rencontres, les paysages, les dauphins, les nuits étoilées, les escales imprévues et cette sensation extraordinaire de liberté.

« Il faut toujours viser la lune, car même en cas d’échec, on atterrit dans les étoiles. »

Bienvenue dans notre univers, bienvenue à bord de YAKA !

Le cockpit extérieur est devenu notre véritable salon, avec une vue qui change au gré de nos escales.

Bien sûr, pour transformer YAKA en maison flottante, il a fallu quelques aménagements, beaucoup d’huile de coude et parfois une bonne dose de patience. Mais ça, nous le raconterons plus en détail dans la rubrique « Travaux ».

Notre vie à bord :

Vivre sur un bateau, c’est apprendre à oublier la montre et à suivre le rythme de la nature.
Le matin, pas de réveil imposé. Le soleil se charge de nous rappeler qu’une nouvelle journée commence. Un café dans le cockpit, un regard sur la météo et nous voilà prêts pour une nouvelle journée… ou pas !
Car finalement, pourquoi toujours vouloir faire quelque chose ?
Notre quotidien, ce sont les baignades, les plongées, les découvertes, les rencontres et les soirées sous les étoiles.
Bien sûr, la vie à bord n’est pas toujours un long fleuve tranquille. Il y a les caprices de la météo, les réparations imprévues et les petits tracas du quotidien.
Mais tout cela fait partie de l’aventure.

Nous avons échangé une vie bien organisée contre une liberté qui n’a pas de prix. Notre maison se déplace au gré de nos envies, et chaque nouveau mouillage nous offre un jardin différent.

Alors oui, nous avons choisi cette vie.
Et nous ne regrettons pas d’avoir osé.
La vraie vie, c’est celle qu’on choisit !

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