Autonomie à bord :

Pour être autonome et pouvoir rester longtemps dans des endroits déserts  plusieurs choses sont  essentielles : l’eau, le gaz et l’énergie électrique.

– l’eau : (bien que « l’eau bue » éclate alors que le rhum non, et en plus des fois elle est ferrugineuse…) Et oui la consommation d’eau est un confort, pour boire, se laver, nettoyer le linge et la vaisselle, rincer le matériel de pêche ou de plongée et autres.

La consommation litre par personne/jour varie énormément, de moins de 10l pour les plus économes à + de 50l pour les moins regardants.

Il y a deux 2 écoles : ceux qui boive l’eau des réservoirs (avec un additif désinfectant ajouté dans ceux ci) et ceux qui boive l’eau minérale en bouteille ( je ne vous explique pas le nombre de packs, donc de place nécessaire pour le rangement, pour avoir un peu de réserve, sans compter le transport du magasin au boat). Cela devient vite une corvée.

Bien sûr Yaka est équipé de deux réservoirs de 400 litres chacun. Quand ceux ci sont vides il nous faut trouver un ravitaillement en eau, et là ! Si vous avez suivi notre autonomie en mode gros consommateurs elle est de huit jours pour deux personnes.

Là commence le recherche du Grâle, dans certaine îles, pas de ravitaillement, dans d’autres le prix est exorbitant, et il arrive que l’eau après remplissage soit infecte (comme vécu à Clarkes Court). Sans compter qu’il faut bouger Yaka du mouillage paradisiaque du moment.Heureusement il y a Findus (j’ai déjà dû la faire celle ci, excusez moi) donc un autre moyen.

De l’eau autour du bateau ça ne manque pas, le problème vient du fait qu’elle soit salée. La solution consiste à se servir d’un dessalinisateur, un appareil qui prend l’eau de mer et enlève le sel par filtration à haute pression.

Yaka possède à son bord ce merveilleux engin (de marque Sea Recovery) de 90 litres heure de production d’eau douce, sauf qu’il n’est pas fonctionnel malgré les dires … (pardon j’avais promis de ne parler du précédent proprio).

Donc un dessal c’est juste une machine qui comme toutes les autres  peuvent se faire réparer.

Facile en avant…

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la pompe hp
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partie gauche avec la membrane en arrière plan
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partie droite avec la membrane en arrière plan
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le tableau de commande avec ses manos!!!
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une partie de l’intérieur
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le deuxième étage et en dessous le premier
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La membrane (le filtre)

Bon à table maintenant, ça doit pas être compliqué c’t affaire:

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Changement des joints du 2ème étage

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surfaçage des clapets pour rétablir l’étanchéité,

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Pour le 1er étage même punition, sauf que les volumes sont deux ou trois fois plus grands.

Remontage de l’ensemble avec nettoyage de la sonde de salinité, vérification des électrovannes et changement des manos.

Bon au tour de la pompe hp

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c’est juste pas compliqué non plus :

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il suffit de changer tous les joints, les roulements bien nettoyer les pistons céramique, remonter le tout et faire le niveau d’huile.

Le moteur (en gris sur la photo) quand à lui sera pourvu de roulements neufs et un condensateur neuf également. Un condensateur ? Et oui notre dessal fonctionne en 220 volts alternatif et 12 volts continu.

Nous en reparlerons dans la rubrique énergie car il en faut pas mal, comme tous les dessal !

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la pompe hp avec son moteur

Ah oui j’oubliais : le changement de la carte électronique qui avait fumée avec la foudre..

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Voila le dessal : çà c’est fait.

Un grand grand merci à Mathieu et Pierre de Sea Recovery France qui n’ont pas été avare de conseils, d’envois de pièces et avaient pour seul but : que le dessal refonctionne. Un véritable service après vente comme on aimerait voir tout le temps.

Je recommande vraiment la marque Sea Recovery, surtout cette gamme avec récupération d’énergie qui nous dispense de faire son réglage manuel de pression à chaque utilisation. Un plus également, si vous laisser le 12 volt en permanence, la carte électronique gère un rinçage de la membrane toute les semaines, que du bonheur.

– le gaz : et oui le « gaz part » (bon, je ne pouvais pas ne pas la faire), le problème est aussi son approvisionnement. Il n’est pas très compliqué dans les grandes îles du Sud. On va à l’usine de gaz avec sa bouteille et on la fait remplir, dans les petites îles cela est moins facile.

Notre problème est que la bouteille de gaz à bord fait 3 kg (vous savez ces bouteilles bleues prévu pour le camping).

Son autonomie ?

3 semaines, et encore il ne faut pas faire du pain.

Son prix ?

Astronomique en échange en Martinique ou dans certaines îles!

La solution : changer la bouteille par une de 13 kilos (comme à la maison). Oui mais, car bien sûr il y a un « mais », le compartiment ne contient pas la dite bouteille de 13 kilos.

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la bouteille de service avec ses sœurs jumelles de réserve

Donc il faut trouver un autre compartiment pour recevoir la 13 kilos, avec en plus une ventilation basse qui donne sur l’extérieur, norme oblige.

Une des deux soutes des réservoirs d’eau répond à ces exigences.

Au boulot :

il faut faire passer le tuyau d’alimentation par un autre chemin, comme cela on évite de refaire des soudures. Heureusement après calcul des longueurs c’est jouable.

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le départ sous la gazinière
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il est arrivé par ici, il repassera par là
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départ sous le plancher, et hop changement de direction à 180°
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si Namour je t’assure il faut le faire passer par là
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il suffit de faire de la place
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une traversée de cloison et on débouche dans la soute

Voici voilà… mais il faut encore prévoir un support de bouteille dans la soute

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Me voici à travailler non pas dans la soute à charbon mais dans celle d’un des réservoir d’eau (en vert).

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Une petite sangle à cliquet pour maintenir et,

le gaz  : ça c’est fait.

– l’énergie électrique : « pour être au courant » sur un bateau il nous faut :

– tout d’abord du 12 volts continu, pour le démarrage des moteurs, on appelle ceci le parc moteur.

– ensuite toujours du 12 volts continu pour le frigo, le congel, l’éclairage, l’alimentation des instruments de navigation, la vhf, l’autoradio, les pompes diverses (alimentation en eau aux robinets, évacuation des fonds de cales…), on appelle cela le parc de service.

– du 220 volts alternatif, comme à la maison, surtout pour les appareils de confort (pour notre cas : machine à café, extracteur de jus, machine sous vide pour les aliments, cuisson lente sous vide, chargeurs divers pour ordi, apn, tél, dessalinisateur, plancha, aspirateur rechargeable…et chauffage de l’eau pour la douche !)

Il faut distinguer deux étapes pour l’énergie électrique : le stockage et la production.

– le stockage, ça c’est facile : des batteries en 6 ou 12 volts. Sans partir dans des explications trop complexes il y a différentes technologie. Le plomb, bien sûr le plus répandu, sous forme :

– de batteries à bouchons (niveau d’eau à réaliser toutes les semaines car l’évaporation est importante, surtout dans les Antilles). La durée de vie est très moyenne, elle dépend de l’entretien et ne supporte pas les décharges profondes.

– de batteries sans entretien, ineptie à mon avis, le recyclage des gaz étant peu efficace. Ce type de batteries est fréquent sur les autos, mais ce n’est qu’une batterie ordinaire rendue presque étanche au niveau des bouchons !!! Durée de vie très moyenne aussi, surtout si le recyclage des gaz ne s’effectue pas correctement, du coup puisqu’elles sont dites étanches nous ne refaisons pas le niveau.

– les batteries au gel … alors là à mes yeux c’est la pire de toutes. En effet vu le climat et la température sous les Antilles, le gel se dégrade très rapidement. Et vu que ces batteries sont vraiment étanches … pas d’entretien possible. Durée de vie courte.

– les batteries AGM, toujours avec de l’acide liquide, mais avec des feuilles comme du buvard entre les plaques. Résistance mécanique exceptionnelle (en cas de fissure ou de trou l’acide ne coule pas), possibilité de les positionner comme on veux, prévu pour des décharges profondes, étanches et 100% sans entretien.

Notre choix c’est porté sur ce type, je ne voulais pas subir la corvée de vérifier/ajouter de l’eau toutes les semaines. C’est vrai quoi on a un métier : vacanciers !

– je passe rapidement sur les batteries Optima de type à enrouement. Je pense qu’elles sont réservées pour d’autres usages que le nautisme ( customisation des voitures, et autres champs particuliers). Elles acceptent la décharge même complète, résistance mécanique élevée, pas de retour d’infos sur ce type sauf le tarif … wouah !

– il reste bien sûr la technologie lithium… Pas de retour sur la durée de vie bien que certains bateaux en sont équipé. Sur le papier cela reste une excellente alternative, surtout que le gain de poids (à capacité égale) est fulgurant. En effet le poids sur un bateau c’est l’ennemi. A capacité égale elles apportent plus d’autonomie, de forts courants de décharges, des décharges profondes, et se rechargent plus rapidement. Le gros hic : le tarif qui pour le moment est élevé. Mais je pense que le prochain parc de Yaka sera au lithium (enfin pas trop vite quand même, le temps que nos AGM fassent leur temps).

Bien sûr une fois défini le type il faut choisir la capacité de son parc (en gros la taille du réservoir). Cela varie en fonction de ses besoins et surtout de la capacité que l’on a pour recharger celui ci.

Un truc encore, en règle générale il y a les adeptes des batteries en 6 volts et ceux en 12 volts.

De mon point de vu j’aime minimiser les connections, et la mise en parallèles des batteries (j’ai encore dans la tête mon prof « ne jamais faire de montage en parallèle avec des batteries, c’est une grosse c…… » maître Coux si tu m’entends.).

Notre choix a été 2 batteries de 12 volts et 330 am/h chacune. Donc 660 amp/ au total me direz vous !

Et bien non, en virant le fameux isolateur de batteries bien connu de tous les possesseurs de bateaux par un relais Cyrix,  on arrive à 860 amp/h. 860 amp/ seulement au delà de 12.80 volts, ensuite on se retrouve avec les 660 amp/ du parc de service. En effet ce relais couple le parc de service et les batteries de démarrage au dessus de 12.80 volts, en dessous il se coupe et préserve ainsi les batteries moteurs ( 2 x 100 amp/h).

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Voici l’ancien isolateur en bleu avec l’ancien parc de batteries en dessous. En plus c’est un isolateur à diodes… donc nous avons une chute de tension de 0.6 volts à peu près, et ça c’est pas glop !

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le nouveau parc avec que deux batteries, 85 kilos chacune ! En bleu le régulateur solaire pour info.

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le petit relais de couplage (en noir) remplace l’isolateur.

Il y en a deux, un pour chaque batterie moteur (que nous ne voyons pas sur les photos).

Merci Fred de tes conseils pour le choix des relais Cyrix.

– la production d’énergie : « d’électrons libres comme nous et le vent » différents moyens peuvent être choisis.

– un moteur dédié à cela avec un gros générateur pour recharger en 12 volts. 9a reste un moteur avec son bruit, sa consommation de gasoil ou d’essence et prend de la place. Réservé au gros boat.

– un groupe électrogène, qui produit généralement du 220 volts alternatif. Il faut passer ensuite par un chargeur 12 volts. Mêmes inconvénients que le moteur dédié. Une petite exception, s’il est portable il sera utile lors d’un chantier à terre dans les îles équipées en 110 volts alternatif. Il y en a un à bord de Yaka. Le choix d’un groupe portable pour recharger tous les jours les batteries apporte aussi un avantage certain : une séance de musculation pour le sortir et le rentrer de la soute.

– faire tourner le moteur de propulsion du bateau, là on recharge le 12 volt par l’intermédiaire de l’alternateur. Donc pas beaucoup d’efficacité mais avec du bruit et odeurs de gasoil assurées.

Tous ces moyens en plus font une recharge brutale sans gestion des différentes phases nécessaires à la préservation des batteries. Les phases sont aux minimum : bulk/absorbtion et floating. Il existe me semble t il des  appareils avec encore plus de phases de charge.

Vient ensuite les productions gratuites et écologiques :

– l’éolienne avec son régulateur chargeur 12 volts. La production commence à partir de 10 nœuds de vent, c’est pas toujours le cas aux Antilles (surtout que le choix des mouillages se fait par rapport à leur protection au vent). Quelques fois en plus le bruit de fonctionnement est insupportable, qui n’a jamais eu un voisin avec une éolienne qui n’arrête pas de hurler ?

– le système avec une hélice sous marine… Bien sur fonctionnel que lorsqu’on navigue. Bon choix pour les longues traversées. Mais bonjour le tarif !

– et bien sûr le solaire avec des panneaux photovoltaïques et un régulateur/chargeur 12 volts dédié. A mes yeux le meilleur choix si l’on dispose de la place pour les panneaux. Généralement monté sur un support à l’arrière ( il y aura un article sur le support ). Le nombre de watts à installer doit subvenir à une décharge journalière du parc de batteries plus une petite réserve en cas de décharge exceptionnelle. Le but étant que le chargeur passe presque tous les jours en mode floating. Le solaire : c’est bien, c’est beau, c’est silencieux, c’est gratuit en fonctionnement, ça produit même les jours couverts sans soleil (pas avec la lune non plus,il ne faut pas exagérer).

Alors le choix a été vite fait, 2 panneaux de 185 watts chacun sont venus assistés les 2 panneaux dèjà en place de 190 watt chacun. Au total 750 watts, production journalière les jours bien ensoleillés 4Kw… et 2.5 Kw les jours couverts avec de la pluie.

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Le top est de pouvoir orienter ses panneaux, + 20% de rendement. Évidemment il faut un régulateur/chargeur. Notre choix c’est encore porté sur la marque en bleue, Victron Energy, une référence dans l’électricité nautique comme domestique. La technologie mppt du régulateur permet aussi de gagner 20% de charge par rapport à un régulateur classique.

Il faut également un convertisseur 12/220 volts suffisamment puissant pour les appareils voraces.

Avec 750 watts de panneaux installés ça y est nous sommes autonomes, congel, machine à café à capsules, dessal mini 1 heure par jour (80 litres assurés), aspirateur, outils portatifs, et à venir le chauffage de l’eau pour la douche … bref nous sommes ok en autonomie. et ça c’est beau !

La production d’énergie : ça c’est fait.

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