De Brigitte :
Eh bien voilà :
Il y a près de dix ans, nous avons levé l’ancre pour vivre la vie que nous avions choisie, et aujourd’hui une page est tournée.
Yaka est vendu, mais le livre ne se ferme pas, un nouveau chapitre commence !

Des regrets ou de la nostalgie ?
Aucun.
Ces mots ne me conviennent pas, et notre ami Olivier de Kersauson les a très bien résumés :
«On ne peut pas avoir de regrets en regardant devant.
Si la nostalgie existe, c’est parce qu’il y a eu des moments de gloire. Or ces moments doivent rester lumineux.
On ne doit pas s’en servir pour fabriquer du regret.
La nostalgie, c’est quand le moment se teinte de brume. Je refuse la brume.
Et cela pour être à même de participer au moment heureux, là, maintenant, tout de suite ou tout à l’heure.
Pour moi, tout est dit.
Nous tournons une page pour en ouvrir une autre, et notre vie a ainsi été remplie de nombreux chapitres tous aussi intéressants les uns que les autres.
Tous ces moments nous ont enrichis, et même les périodes de doutes dues à un instant précis (comme par exemple une grosse météo à subir) nous ont fortifiés et rendus plus forts dans notre cheminement .
J’ai la chance, et je dirais que cela a été ma force, d’avoir un « Namour » qui m’a poussé dans des extrêmes que je n’aurais pas cru capable d’affronter et d’avoir été à mes côtés tout au long de ma vie (en me supportant).
Je peux lui dire un grand merci.
Il a été, il est et il sera encore mon énergie et mon guide.
Nous nous sommes donnés les moyens de vivre ce que nous voulions et nous l’avons fait. Cela nous a apporté beaucoup de bonheur, de plaisir, de questionnements sur nous-mêmes et une vision différente de la vie.
Beaucoup de gens nous disent : « Vous avez de la chance… »,
mais ce n’est pas une question de chance.
C’est le courage de réaliser nos rêves ; notre bonheur, c’est d’avoir les mêmes désirs et de vouloir avancer ensemble dans le même sens.
Tout le monde a les siens ; nous, nous essayons de les vivre et nous donnons toutes nos capacités pour y parvenir.
Cela ne se fait pas facilement, il y a eu de nombreux sacrifices, mais nous savions ce que nous voulions et c’était notre but.
Comme dit notre ami Patrick : « Si tu le veux, tu le peux ! »
Nous étions partis avec une envie :
rencontrer d’autres personnes, découvrir d’autres horizons.
Avons-nous réussi ?
On peut dire oui, nous avons touché ce bonheur et nous allons continuer dans ce sens.
Nous n’étions pas nés marins au départ.
Namour m’avait bien dit un jour : « Nous partirons faire le tour du monde », mais cette magnifique idée de la vie ne m’avait qu’effleurée.
Nous avions de jeunes enfants et nous nous étions déjà donné un objectif en nous installant à notre compte.
Cette douce phrase était juste restée au fond de ma mémoire.
Après avoir monté nos deux entreprises ensemble et, au bout de quelques années, atteint ces objectifs, nous aspirions à autre chose.
Là, l’envie de partir et de voir ailleurs nous a repris, et la phrase de Namour est revenue nous titiller.
J’ ai alors dit « oui » et une mission est née pour Namour.
Yaka est ainsi arrivé et nous a permis d’effleurer une partie de nos rêves.
Nous n’avons pas été déçus et avons découvert un monde magique.
Déjà les plaisirs du marin (je les donne dans le désordre… 🙂 )
- Naviguer nu, sentir l’air est un pur bonheur et procure des sensations fabuleuses.
- Admirer le vol du goéland ou des raies…
- Être là, contemplatif.
- Écouter le vent dans les voiles, le bruit de la mer et des vagues.
. - Admirer la mer ondulée.
- Regarder au loin, voir le moindre objet qui flotte et se concentrer dessus. Imaginer ce que c’est et découvrir qu’il ne s’agit que d’un oiseau qui se repose.
- Se sentir seul au monde, sans contrainte de temps ni de quoi que ce soit.
- Avoir la plus grande piscine autour de nous.
- Pouvoir demander à Namour : « Qu’est-ce que tu regardes ? »
et entendre :
« La mer, le paysage. »
« Mais c’est le même qu’hier ! »
« Non, aujourd’hui, ce n’est pas le même qu’hier et il est différent de celui qui sera là demain! » - Pouvoir changer d’horizon tous les jours si cela nous plaît, un vrai luxe.
- Le plaisir d’être autonome et de ne dépendre de personne.
- Se sentir libre, un bonheur rare à l’heure actuelle.
- Être sur l’avant de son bateau, propulsé par le vent, procure un bonheur indescriptible.
- Assister au lever du soleil et attendre le premier rayon qui vous réchauffe.
- Ne pas oublier les couchers de soleil, qui apportent des couleurs différentes chaque soir, avec pour moi le passage par un moment d’anxiété très vite oublié.
- La navigation de nuit est fabuleuse, les nuits sont rarement totalement noires et vous sentez les embruns de la mer plutôt que vous la voyez. Sans oublier de lever la tête et d’avoir un monde rempli d’étoiles.
Vous essayez de retrouver celles qui vous sont connues et cela vous rassure.
De temps en temps, une étoile filante vient déchirer ce monde obscur et magique.
La nuit est vraiment un monde à part, merveilleux et inquiétant à la fois. À ce moment, certains sens sont plus en éveil.
Le navigateur s’accompagne du découvreur, et pour nous, Yaka nous a permis de le devenir.
Nous avons rencontré et découvert:
– De très beaux paysages.
Il est un fait que le monde marin, aussi bien dessus que dessous, est grandiose. La mer, déjà par elle-même, est tout un livre en soi. Ses couleurs, son état, son odeur changent constamment et c’est un émerveillement chaque jour.
Je ne vous parle même pas de ce qui est dessous.
Le nombre de fois où je retenais ma respiration pour ne pas déranger ce monde. J’avais peur que la bouffée d’air aspirée fasse disparaître ce moment magique.
Les coraux, les poissons petits et grands, seuls ou en banc, tout un écosystème constamment en mouvement.
Un véritable régal chaque jour.
–
– Les gens, les personnes, les habitants, les locaux et autres, que de belles rencontres.
Aussi bien les marins de différents pays, où vous passez des heures à expliquer des choses qui ne s’exprimeraient qu’en quelques mots, mais le problème de la langue vous fait prendre du temps, partager des moments et éclater de rire sans réelle raison.
Vous vous rencontrez dans une baie, vous vous retrouvez dans un magasin sur une autre île et vous vous croisez de nouveau dans une autre mer ; un jour, un mois ou une année plus tard.
Que d’instants mémorables !
Vous reprenez vos discussions comme si vous vous étiez quittés la veille, en échangeant les bons et mauvais moments autour d’un apéro.
Tout est prétexte pour se retrouver autour d’un verre, tout en partageant des moments gravés à jamais et des souvenirs très divers.
– Ensuite, il y a les rencontres improbables, aussi bien avec des « marins » exerçant des métiers qui auraient fait que nous ne nous serions jamais rencontrés qu’avec des personnes en fin de route. Ces derniers sont souvent des individus usés par le temps, avec des bateaux dans le même état qu’eux, mais avec un vécu riche et de magnifiques partages à offrir. Tous autant qu’ils sont, ils nous ont ouvert leur cœur, leur joie et leur tristesse sans retenue, et je n’ai jamais vécu de moments aussi forts et intenses que ceux-là.
Et puis, il y a les autres, ceux qui vivent dans un monde que notre vie de sédentaires ne nous aurait jamais permis de côtoyer, avec qui nous avons également eu de grands partages. Je pense essentiellement à notre ami Olivier de Kersauson, que nous avons eu le plaisir de rencontrer à de nombreuses reprises.
Nous avons passé des matinées, voire des journées entières, à discuter et à philosopher de tout et de rien, avec ses magnifiques répliques.
Je vous en partage quelques-unes :
Dans notre civilisation, on maltraite le présent, on est sans cesse tendu vers ce que l’on voudrait avoir, on ne s’émerveille plus de ce que l’on a. On se plaint de ce que l’on voudrait avoir. Drôle de mentalité! Se contenter, ce n’est pas péjoratif. Revenir au bonheur de ce que l’on a, c’est un savoir-vivre.
Si, en vieillissant, on ne devient pas un peu moins con, ce n’est pas la peine. C’est déjà dommage de vieillir. Il y a des périodes de la vie où on est tellement dans l’action qu’on n’a pas le temps de réfléchir, de prendre du recul, on a juste le temps d’agir.
Les femmes paraissaient si fabuleuses à mes yeux d’alors qu’elles restèrent à la limite illimitée de l’abordable. C’est curieux, l’on parle toujours des femmes comme d’une île, on aborde une femme, on l’accoste. Le vocabulaire est maritime vis-à-vis du mouvement de l’homme vers elles. Je crois que c’est exact. Les femmes sont réellement des îles. Plus tard, comme marin, j’ai su qu’elles sont là pour nous rappeler que la terre est douce, que l’on ne peut vivre sans terre.
Ce serait vous mentir que de dire que tout est rose dans la vie sur un bateau .
Comme tout choix et tout environnement, il y a aussi des contraintes dont il faut être conscient avant de franchir le cap.
Je vous donne mes ressentis :
– Dépendance aux éléments et à la météo :
Naviguer et vivre en bateau rend forcément dépendant des conditions météorologiques. C’est un des plaisirs, mais aussi une des contraintes de la vie à bord. Parfois, vous vous trouvez bloqués à cause d’un vent défavorable, d’une dépression, d’un gros coup de vent, ou même d’une mer totalement calme qui empêche toute navigation à la voile et vous impose de consommer votre carburant.
Il faut accepter cela avec philosophie.
La zone de navigation dans laquelle vous vous trouvez ainsi que les saisons conditionnent pour beaucoup ces contraintes. Cela fait partie du jeu et du plaisir.
Il y a des moments où vous avez l’impression d’être dans une lessiveuse tant vous êtes secoués, et attention à tout pour que tout soit bien à sa place pour ne pas risquer les casses. À ce moment, vous vous demandez ce que vous faites là et la pensée d’être dans un fauteuil dans votre salon face à la TV vous semble quelque chose de formidable.
J’avoue que ces moments de doute sont très courts et s’estompent rapidement.
Je me souviens avoir passé près d’une semaine au mouillage à Sainte-Anne en Martinique, après le passage du cyclone Irma en 2017, à ne pas pouvoir mettre pied à terre, tant la houle était forte. Nous devions nous tenir lors de chaque déplacement dans le bateau et nous nous sommes retrouvés avec de nombreux bleus suite au choc contre les cloisons. Faire chauffer quelque chose sur le feu était tout un programme et il fallait mesurer chaque mouvement…
La mer n’est pas silencieuse et lorsque vous naviguez le bruit continuel du vent, des vagues se heurtant à votre coque et le craquement de ce dernier arrive à vous épuiser.
De plus, si comme moi, vous êtes sujet au mal de mer, lors des premiers jours de navigation, tout effort vous demande beaucoup et vous épuise; mais l’homme est bien fait et oublie vite tout ce qui est négatif pour ne retenir que les bons moments.
– L’espace restreint à bord
Il est certain que, comparé à un appartement ou une maison, votre surface et votre volume de vie sont plus limités. Pensez néanmoins que, quand on parle de vivre sur un bateau, votre centre de vie est déplacé. Si vous passez votre temps (comme nous) sous des climats ensoleillés, le cockpit de votre bateau devient rapidement le point de vie central. Il est votre « terrasse les pieds dans l’eau avec vue imprenable sur la mer » 365 jours par an.
Il est certain que « Yaka », comme tous les catamarans avec leur largeur, dispose d’un avantage tant au niveau du carré que du cockpit.
Au niveau des rangements, sachez néanmoins que la gestion optimale de chaque centimètre carré reste de mise.
– Moins de confort qu’à terre
Certaines concessions sont inévitables au niveau de l’espace de vie, de l’humidité, du rangement, des sanitaires ou de l’électroménager. Petit à petit, vous comprenez que le plus important n’est pas d’avoir plus d’équipements, mais moins de besoins.
Un bateau, ça bouge. Une houle de travers ou le vent sifflant dans les haubans, claquant les drisses des voisins, peuvent agacer le plus robuste des marins.
La vie à bord rime avec gestion des ressources, du poids et de l’espace (adieu le superflu), et c’est une bataille de chaque instant avec soi-même et son équipier ; petit intermède avec mon aloe vera et mon basilic que Namour trouvaient inutile ; adieu aussi les longues douches chaudes !
La tendance est au minimalisme. L’organisation et les rangements sont de rigueur pour que tout trouve sa place. Aussi, la promiscuité peut être source de tensions entre les membres d’équipage.
– Une maintenance constante
C’est vrai, vivre en bateau, c’est une surveillance constante de tous les éléments du bord. Cependant, cela devient rapidement une seconde nature et fait partie des tâches régulières de vos journées à bord. Pour peu que vous soyez un peu bricoleur comme pour nous avec Namour, les problèmes sont déjà bien moindres, mais attention au portefeuille pour ceux qui ne sont pas du tout manuels. Tout le matériel vieillit beaucoup plus vite à cause de l’air salin et du soleil et les équipements deviennent vite non fonctionnels s’ils ne sont pas entretenus ou changés régulièrement.
– L’isolement des proches
Lorsqu’on vit en bateau et que l’on voyage, l’éloignement des proches, famille et amis, peut peser. Heureusement, aujourd’hui, avec les connexions internet, les discussions en visio avec les proches sont devenues le quotidien de bien des voyageurs, mais très vite, vous vous rendez compte que vous n’êtes plus sur la même longueur que les personnes ne voyageant pas.
– Des contraintes administratives et autres
Suivre l’évolution réglementaire requiert un peu de vigilance, celle-ci peut aussi changer en fonction des pays que vous visitez.
Certains pays sont beaucoup plus casse-tête que d’autres.
Vivre au contact de la nature implique aussi d’apprendre la patience. Trop de vent ou pas assez, l’attente jusqu’à la prochaine fenêtre météo pour rallier votre destination peut être longue. Parfois, il faut même patienter jusqu’à la bonne saison. Et une fois en route, un voilier de 12 mètres ne va pas beaucoup plus vite qu’un vélo. Mieux vaut donc avoir du temps devant soi … Et en cas de mauvais temps, pas question de mettre le clignotant ou de s’arrêter, il faut gérer au moment « T » le vent, la pluie, la mer qui se lève, les orages ou la fatigue.
Ne surtout pas s’imposer un calendrier ; celui-ci devient inutile, voire impossible à suivre, et les rendez-vous à telle date deviennent à chaque fois une galère, avec tous les risques que cela impose, car il faut, malgré tous les mauvais signes, naviguer.
– Une promiscuité parfois difficile
La cohabitation en continu dans un espace réduit nécessite une bonne entente et une bonne organisation pour éviter les conflits.
La vie sur un bateau implique un espace limité.
Apprendre à maximiser l’utilisation de chaque centimètre carré devient une compétence essentielle. Une des règles de base sera d’être vigilant au rangement et de bien garder de l’ordre à bord. Ceci est non seulement un gage de bonne entente, mais aussi de sécurité à bord. Mais après quelques semaines à bord, chacun prendra assez vite ses marques et ses habitudes.
– Gestion des ressources à bord
La gestion des ressources est un point primordial à bord. La nourriture, l’électricité, le carburant et l’eau potable présentent des contraintes techniques et réglementaires. On apprend très vite à se limiter et à ne pas dépenser ; l’eau est une partie très importante, et même si on apprécie chaque jour une douche, on minimise le temps.
– Le budget
Bien sûr, cela a aussi un coût, comme une maison ou une voiture, et il y a toujours quelque chose à contrôler ou à revoir. Comme vu précédemment, l’air humide et salin vieillit et détruit beaucoup plus rapidement tout matériel, et l’électronique souffre vite. Ce qui coûte le plus cher, c’est un bateau inhabité qui reste au port et ne navigue pas ! On a coutume de dire qu’un bateau coûte annuellement environ 5 % de son prix d’achat. La principale règle d’or pour la maintenance est la suivante : À petit bateau, petits soucis ; gros bateau, gros soucis…
Aussi spectaculaire soit le milieu marin, il est agressif pour le matériel. Du yacht de luxe au dériveur, les propriétaires de bateaux connaissent tous cette interminable liste des travaux de maintenance à effectuer. Il en va de leur sécurité.
Aux frais d’entretien s’ajoutent les coûts d’une place pour ceux qui souhaitent profiter du confort d’une marina. À moins de disposer d’un budget conséquent, la débrouillardise et les compétences techniques sont indispensables pour vivre sur un bateau.
En résumé : un bateau représente une promesse de liberté, essentiellement celle de se déplacer de pays en pays. Lorsque l’appel du large se fait trop fort, il n’y a qu’à larguer les amarres et mettre le cap sur une nouvelle destination. Il ouvre l’accès par voie d’eau à des endroits privilégiés qui peuvent devenir votre adresse pour un temps. En cabotage, la lecture du paysage depuis votre cockpit offre une vision unique des côtes. Et en navigation, votre esquif vous place au premier rang des spectacles offerts par les milieux marins.
Eh bien voilà, nous tournons cette page et merci à Yaka d’avoir veillé sur nous pendant toutes ces années.

et maintenant de Thierry :
Namour a bien tout résumé, pour ma part j’ajouterai que pendant ces presque 10 ans nous n’avons pratiquement jamais dormi sur nos deux oreilles, les marins le savent, le moindre bruit inhabituel nous fait sortir du lit.
Souvent on nous demande si nous avons rencontré des tempêtes ou des pirates…
Bien sûr nous nous sommes trouvés dans des situations inconfortables et risquées (gros temps, risque de piraterie) mais jamais en mode peur.
La situation la plus « engageante » était d’accepter que si l’un de nous tombait à l’eau soit par gros temps ou lors de son quart, alors…
La vente de Yaka s’est faite comme ça, sans contraintes, « et si on vendait Yaka? » me dit Namour un matin, alors que nous avions prévu de poursuivre très prochainement vers la Nouvelle Calédonie.
Petite annonce posée, deux jours après Yaka est vendu.
Le destin a choisi, nous n’avons pas de regrets, pas de « nostalgie », nous partons pour de nouvelles aventures.
Merci à Namour qui a toujours été présente en se donnant à fond, même dans les moments les plus forts, merci à Yaka,
merci à toutes les personnes rencontrées dont certaines sont maintenant des amis, merci, merci, merci pour ces années de bonheur.

Yaka est parti, et Iti a pris le relais
pour le départ vers d’autres horizons.
Nous vous tiendrons au courant dans le futur de la suite de :
« La vraie vie. »